Combien
d'habitants de la Bretagne historique parlent gallo ?
Pour répondre à cette question, il faut d'abord définir le sens de cette
expression qui peut renvoyer aussi bien à une pratique régulière
qu'occasionnelle d'une langue peu ou fortement singularisée. Il faudrait
également tenir compte de ceux qui la comprennent mais ne l'utilisent
pas. Toujours est-il que le recensement n'a jamais été fait. On ne peut
donc se fier qu'à des observations ponctuelles. L'expérience amène à
constater que le gallo est utilisé par les personnes agées et ignoré de
la masse des plus jeunes dont certains suivent une initiation dans les
établissements scolaires primaires ou secondaires.
Les générations intermédiaires l'ignorent très souvent ou l'utilisent en
fonctions des situations - communication entre parents, voisins, soirées
contes.
Le terme de gallo qui s'est répandu depuis les années 1980 n'est
cependant pas le plus courant. Il est mieux connu du côté de la limite
linguistique avec le breton.
Dans la désignation de leur langue , les gallésants restent encore
prisonniers du préjugé du " mauvais français" d'autant plus que de
nombreux emprunts récents au français créent des lacunes dans le tissu
gallo, brouillant encore les différences entre les deux idiomes. Ainsi
parler gallo ce sera :" parler mal, déformer le français". Pour se
disculper, on trouvera ailleurs dans la commune voisine" un patois
pire."